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La fertilisation organique - les fumiers
épandage de fumier sur prairie en hiver.les engrais de fermeLes engrais organiques doivent être considérés comme la base de la fertilisation. Les engrais de synthèse constituent le complément éventuel.
Les engrais organiques sont caractérisés par une grande diversité. Il est donc utile de les faire analyser pour déterminer leurs teneurs en éléments fertilisants (attention aux méthodes d’échantillonnage).
La totalité de l’azote présent dans les engrais de ferme n’est pas directement valorisable par les plantes l’année de l’épandage. La teneur en azote doit être corrigée par un coefficient d’efficacité. Le coefficient dépend notamment du type de produit (action azotée rapide ou lente), de la fréquence et des périodes d’apport. Des valeurs guides de coefficient d’équivalence de l’azote (C) des engrais de ferme sur prairie sont proposées au tableau 3.
Les différents types d’engrais de fermeLes engrais de ferme sont classés en 2 grandes catégories selon leur rapidité à être valorisable par la plante. Le PGDA impose des périodes d'épandage différentes pour ces deux catégories d'engrais de ferme, ne l'oubliez pas !
A. Les engrais de ferme à action rapide
On désigne par le terme « engrais de ferme à action rapide », les effluents liquides (lisiers, purins) et les effluents de volailles. Le tableau 1 renseigne leur composition moyenne en azote et en autres éléments majeurs.
Tableau 1 : Composition moyenne des engrais de ferme à action rapide
% de MS
pH
Eléments majeurs (kg/t)
N tot
P2O5
K2O
CaO
MgO
Lisier de bovins
12
7,0
4,4
2,5
6,0
2,4
0,7
Lisier de porcs
8
7,6
6,0
6,0
3,0
3,5
0,8
Fientes de volailles
26
7,1
15
10,4
7,2
40,5
3,0
Fumier de volailles
58
6,8
26,7
21,5
21,5
14,5
3,7
Purin de bovins
3,0
-
2,4
0,2
5,5
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Adapté du "Livret de l'Agriculture n°2, la gestion des effluents d'élevage" avec les nouvelles normes de teneurs en azote (PGDA, 2007)
Pour estimer les quantités d’engrais de ferme de son exploitation on peut se baser sur le nombre d’épandeurs ou de tonneaux à épandre :
- pour les engrais solides, la masse volumique du fumier varie de 450 kg/m³ à l’état frais à 850 kg/m³ à l’état mûr. Une valeur moyenne de 650 kg/m³ peut-être retenue si on ne dispose pas d’un système de pesées,
- pour les engrais liquides, la densité du lisier ou du purin est proche de l’unité ; on admet donc qu’1 m³ équivaut à 1 tonne.B. Les engrais de ferme à action lente
Les engrais de ferme à action lente sont les différents types de fumiers et de composts, à l’exception des fumiers de volaille. Leur composition moyenne en éléments majeurs est présentée au tableau 2.
Tableau 2 : Composition moyenne des engrais de ferme à action lente
% de MS
pH
Eléments majeurs (kg/t)
N tot
P2O5
K2O
CaO
MgO
Fumier de bovins
24
7,3
5,9
3,7
4,0
2,5
1,5
Fumier d’ovins
30
8,1
6,7
4,2
11,2
11,2
1,4
Fumier de porcs
21
-
6,0
6,0
4,0
6,0
2,5
Fumier de caprins
48
-
6,1
5,2
5,7
-
-
Fumier de chevaux
54
-
8,2
3,2
3,2
-
2,0
Compost de fumier de bovins
23,8
-
6,1
6,8
4,0
16,3
2,7
Adapté du "Livret de l'Agriculture n°2, la gestion des effluents d'élevage" avec les nouvelles normes de teneurs en azote (PGDA, 2007)
Prendre en compte la valeur fertilisante des engrais de fermeLe coefficient d’équivalence de l’azote (C) des engrais de ferme permet la comparaison de l’efficacité de l’azote d’un engrais organique avec celle de l’azote minéral (tableau 3).
L’équivalent azote minéral de l’apport d’un engrais organique se calcule comme suit :
Coefficient d’équivalence de l’azote (C) x teneur en azote de l’engrais de ferme x quantité épandue.Tableau 3 : Coefficient d’équivalence de l’azote (C) des engrais de ferme sur prairies
Type de produit
Coefficient d'Equivalence Azote
Fréquence apport
Apport cette année
Pas d'apport
cette année
Avant Hiver
Printemps
Fumier de bovins
Tous les ans
0,80
0,83
0,6
Compost de fumier de bovins
Tous les 2-3 ans
0,45
0,48
0,25
occasionnellement
0,20
0,23
x
Lisier de bovins
Tous les ans
0,75
0,80
0,4
Fumier de volaille
Tous les 2-3 ans
0,52
0,57
0,17
occasionnellement
0,35
0,40
x
Lisier de porcs
Tous les ans
0,60
0,70
0,25
Fientes de volailles
Tous les 2 ans
0,46
0,56
0,11
préséchées ou séchées
occasionnellement
0,35
0,45
x
Dix règles pour le bon épandage des matières organiques en prairie1) Connaître la valeur fertilisante des engrais de ferme (analyses).
2) Homogénéiser le produit (mixage, voire dilution du lisier ; compostage du fumier).3) Veiller à la qualité de la répartition du produit derrière l’épandeur : contrôler les épandeurs et les tonneaux à lisier, vérifier les quantités épandues. Elles ne doivent pas excéder 15 m³ de lisier ou 30 à 40 tonnes de fumier de bovin par passage. Bien émietter le fumier afin de limiter les risques de salissement du fourrage récolté et le développement de bactéries butyriques dans les ensilages, ainsi que l’apparition de vides dans le gazon, vides qui faciliteront la germination de semences d’adventices.
4) Privilégier des conditions climatiques propices à la réalisation des épandages : temps pluvieux ou couvert, peu de vent et des températures basses.
5) Travailler sur sol porteur et gazon court.
6) Respecter les besoins des prairies.
7) Epandre dans les périodes de valorisation optimale, en respectant le PGDA, et en limitant les risques environnementaux. La meilleure période s’étend de février à avril selon la région.
8) Dans les prairies pâturées, éviter de souiller l’herbe : travailler avec du compost, technique explorée de longue date par la Section Systèmes agricoles du CRA-W, qui a fait ses preuves (P. Luxen et al., 2006) ou travailler avec des systèmes d’injection pour lisier. L’utilisation de fumier frais conduit à une réduction de l’appétence et donc à une mauvaise utilisation de l’herbe avec l’apparition de zones de refus. Le fumier peut favoriser la dispersion de certains germes pathogènes (Salmonella, Botula).
9) Limiter les pertes par volatilisation lors de l’épandage du lisier en travaillant le plus près possible du sol ou en l’injectant.
10) Respecter le voisinage
Le PGDA (Programme de Gestion Durable de l'Azote) vient de changer !
Télécharger les nouvelles normes (Les cahiers de l'agriculture n° 42, novembre 2006)!
Analyse de matière organique : comment réaliser un bon échantillon ?
